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En 2004, Colin Powell, decede lundi, avait evoque son bilan au secretariat d’Etat, et notamment sa defense de l’intervention en Irak, avec notre magazine.

  • April 11, 2022

En 2004, Colin Powell, decede lundi, avait evoque son bilan au secretariat d’Etat, et notamment sa defense de l’intervention en Irak, avec notre magazine.

Avec Retro Match, suivez l’actualite a travers nos archives de Paris Match.

Le « general-diplomate » Colin Powell, secretaire d’Etat de George W. Bush qui avait defendu l’intervention en Irak devant l’Onu, reste decede lundi a l’age de 84 ans de « complications liees au Covid-19 ». Powell a ete le premier Afro-Americain et l’homme le moins i?ge a occuper le poste de chef d’etat-major des armees, de 1989 a 1993, avant d’etre le premier secretaire d’Etat noir sous la presidence republicaine de George W. Bush.

Modere de temperament, M. Powell a bataille afin d’effectuer valoir son avis de paix face aux « faucons » de l’administration Bush, tel le vice-president Dick Cheney ou le sous-fifre a Notre Defense Donald Rumsfeld, tres « va-t-en-guerre » apres les attentats meurtriers du 11 septembre 2001. C’est i  propos de l’Irak que les tensions avaient atteint un paroxysme. Mais, fidele a George W. Bush, le secretaire d’Etat n’avait pas grand chose laisse paraitre, defendant sans etat d’ame apparent la politique suivie.

Colin Powell avait fait, le 5 fevrier 2003 en face du Conseil de securite de l’ONU, une longue allocution i  propos des armes de destruction massive pretendument detenues par l’Irak, des arguments ayant servi a justifier l’invasion du pays. Il avait en particulier agite une fiole contenant d’apres lui de l’anthrax, image restee celebre. L’intervention avait serieusement destabilise la region, provoquant notamment l’elaboration de Daech en reunissant d’anciens chefs de l’armee de Saddam Hussein et d’Al-Qaida dans la meme prison americaine de Camp Bucca.

Plus tard, Colin Powell avait evoque ses regrets ; non gui?re pour nos malheurs engendres, mais Afin de une reputation. « C’est une tache parce que j’habite celui qui a fera une telle presentation au nom des Etats-Unis devant le monde, ainsi, ceci fera forcement partie du bilan ». Fin 2004, notre reporter Regis Notre Sommier avait eu Colin Powell Afin de evoquer ce bilan, alors que le secretaire d’Etat s’appretait a quitter le gouvernement Bush. En francais dans le propos, Colin Powell avait certain : « Je ne regrette que dalle ».

Voici l’interview de Colin Powell, telle que publiee dans Paris Match en 2004.

Colin Powell : “Je ne regrette pas grand chose”

Apres avoir incarne la politique etrangere de Bush, aussi dans la tourmente d’une guerre en Irak, il doit ceder sa place a Condoleezza Rice. Nous l’avons suivi durant ses dernieres missions. Emu mais pas amer.

Il s’apprete a tourner une page dans l’histoire d’une carriere exemplaire. Apres sa demission, le 15 novembre soir, Colin Powell, 67 ans, laissera, le mois prochain, le poste de secretaire d’Etat a Condoleezza Rice. Le chef d’une diplomatie americaine etait le plus populaire des membres du cabinet, dans son pays comme a l’etranger, ainsi, l’annonce de son commencement a suscite votre concert de louanges. Le general-diplomate cachait en gali?re son opposition a toutes les «faucons» : sur l’Irak comme sur le conflit israelo-palestinien, ses appels a la moderation etaient souvent ignores. Alors qu’il vient de boucler une « tournee d’adieu » diplomatique, Colin Powell a accorde 1 entretien exclusif a Paris Match. Sans detours, souvent avec humour, il evoque son avenir, ses guerres et le parcours, du ghetto au sommet de la toute premiere puissance mondiale.

Paris Match. Votre pays est en guerre et vos troupes vont rester un moment en Irak. Comment leur expliquer la depart a un moment aussi crucial ? Colin Powell. J’aime nos troupes et je les soutiens, mais je ne suis plus chef d’etat-major des armees. On va pouvoir saisir que, au moment ou son second mandat commence, le president veuille remplacer les gens autour de lui. Ceux qui, comme moi, etaient la depuis votre bout de temps pensent que c’est une agreable chose concernant lui. Je ne demissionne nullement, je poursuis mon chemin.

P.M. L’image des Etats-Unis au monde a rarement ete aussi mauvaise. Pourtant, partout, les gens vous aiment, vous. Expliquez-nous ceci. C.P. Je peux vous citer des pays – je ne vais pas donner de noms – ou il y aurait des manifestations hostiles si je m’y rendais demain. Nous sommes au plus bas dans l’opinion publique arabe, mais seulement concernant plusieurs aspects de notre politique. Je crois que Beyrouth en Irak en est la cause, ainsi, claque que le conflit palestinien n’a pas ete resolu n’arrange rien. Si, comme vous le dites tgpersonals, les mecs m’aiment bien, aussi c’est que le probleme est politique, ainsi, non aucun l’antiamericanisme. L’ensemble de ces gens qui font la queue Afin de obtenir des visas Afin de etudier ou travailler a toutes les Etats-Unis, vous croyez qu’ils paraissent antiamericains ?

P.M. N’est-ce pas frustrant de gravir les echelons jusqu’a chef d’etat-major des armees et de demissionner, Afin de ensuite remonter bien en haut en tant que secretaire d’Etat, et de demissionner encore? C.P. Non, c’est l’existence. Mais je n’ai toujours pas un pied dans la tombe ! [Il rit.] J’habite devenu conseiller pour la securite nationale [aupres du president Reagan, N.d.l.r.]. On m’a commandant de chacune des forces armees des Etats-Unis. J’ai eu sous faire mes ordres votre million de soldats. Maintenant, j’suis secretaire d’Etat. Demain, une autre a s’ouvrira.

P.M. Et si les Americains se mobilisent pour vous demander de revenir, en 2008 par exemple ? C.P. A condition que cela ne signifie pas revenir dans l’existence politique. Je n’ai aucune envie de me presenter a une election. Ca ne correspond pas a ce que j’habite. Mais j’ai hate de retourner a la vie civile pour voir ce qu’elle a a me proposer.

P.M. Est-ce que vous pensez avoir eu de l’influence sur le president Bush ? Vous a-t-il ecoute ? C.P. Oui, la plupart du temps. C’est moi qui ai fortement recommande d’aller devant nos Nations unies i  propos de l’Irak, ainsi que j’avais recommande d’intervenir en Afghanistan apres le 11 septembre. Notre president a suivi les avis, sur la Coree du Nord ou l’Iran ou nous collaborons avec nos partenaires europeens, sur des relations avec la Chine, avec l’Union europeenne, avec l’Otan. Je quitte mon poste convaincu de lui avoir donne de bons conseils, ainsi, persuade qu’il en a suivi une grande partie.

P.M. Pourtant, quand il vous a demande ce avis via l’Irak, vous lui avez repete, d’apres le journaliste Bob Woodward, la regle des supermarches de porcelaine: “Ce que vous cassez reste a vous. ” C.P. Oui. C’etait mon boulot.

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